Petite revue de presse

Ces curés africains qui sauvent nos paroisses

 

En manque de prêtres, l'Eglise recrute au Congo, au Burkina Faso...

 

EXTRAIT

 

La messe du soir est annulée. Trop de grippés, trop d'absents, alors on a prévenu le curé : inutile de se déplacer. Le père Albert accuse le coup. En semaine, d'ordinaire, quatre ou cinq personnes se serrent dans le choeur. C'est peu, mais monsieur le curé fait la route pour eux. Ouvre l'église du village, non chauffée. Grelotte une petite heure avec ses paroissiens. Prend des nouvelles des uns, des autres. Et repart content. Depuis qu'il a pris ses fonctions, il y a deux ans, le père Albert avale consciencieusement chaque mois ses 2 500 kilomètres. " Ici, je gagne mon ciel ", dit-il. Ici, c'est Recey-sur-Ource, la Bourgogne rurale, 4 habitants au mètre carré, le premier cinéma à 60 kilomètres et 17 clochers pour un seul curé. (…/…)

 

Il lui a fallu tout de même, à Recey, arriver sur la pointe des pieds. Bien sûr il y a les doux, les gentils, ceux qui chaque semaine, par exemple, se relaient pour lui fournir ses repas d'avance, son " panier du curé ". Mais il y a aussi les méfiants, ceux qui ne le saluent pas, ou qui refusent que ce soit lui, le curé africain, qui enterre quelqu'un du pays."On va parfois en chercher un autre à des kilomètres", dit-il, mortifié. Mais le plus dur, sans doute, ça a été la caisse paroissiale. La façon dont on a exigé, les premiers mois de son arrivée, qu'il justifie la moindre dépense." Comme si moi, le Noir, j'allais forcément voler dans la caisse. J'ai dû exiger qu'on me parle avec un peu plus de respect et expliquer que c'était à moi, le curé, de décider des dépenses de mon église. "(.../...)

 

 

Violaine de Montclos

 

article publié le 14 mai 2018

Le panier du curé

 

Si un prêtre est trop pris pour venir à la maison, pourquoi ne pas préparer un « panier du curé » : chaque dimanche, chacun dépose dans un panier de la nourriture pour toute la semaine, qui le réconfortera de ses harassantes réunions : pain frais, brioche et confiture maison, ou quelques plats à faire réchauffer ?

 

 

L'Est éclair publié le 1/11/2018

On l’appelle aussi parfois « Panier du curé » ou encore « Panier du presbytère ». Pour résumer, « c’est un panier de Mercis », selon des prêtres, membres du réseau d’amitié du panier du curé. À Épernay comme dans de nombreuses paroisses en France, la tradition perdure « pour témoigner sa gratitude ». « Deux fois par semaines, de généreuses personnes nous offrent un panier-repas pour 4 personnes », explique l’abbé François de Mianville qui ajoute : «  Cela nous permet de nous retrouver entre prêtres, de vivre un moment de fraternité. Cela montre aussi qu’on prend encore en charge nos prêtres  ».

 

Dans le panier entrées, plats et/ou dessert. Pour le père Stéphane Esclef, curé de St Jean Baptiste de Belleville et auteur de « Quand le curé se met à table »    : « il court, il court le curé mais après avoir bien couru il faut aussi qu’il prenne le temps de se restaurer pour repartir à ses réunions, ses rencontres, ses célébrations. Le temps des bonnes du curé est bien révolu (…) et le courage, le temps et la compétence bien souvent manquent aux prêtres pour prendre le temps d’allumer un fourneau. Et si nous pensions à eux qui prient et se dépensent pour nous ? ». Dans d’autres paroisses, pas de panier mais un chèque par semaine, pour acheter des repas.